Lettre ouverte des cinéastes iraniens en exil à Madame Bérénice BEJO, elle-même la fille d’un cinéaste exilé, reste sans réponse.

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(envoyée le 28 08 2012)

« Certains cinéphiles ( !) aiment, apparemment, plusieurs choses à la fois : ils aiment en même temps le cinéma de Fritz LANG, de Stanley KUBRICK, de Roberto Rossellini et le cinéma des nazis, ainsi que les productions culturelles et la ruse politique de la République islamique d’Iran. Ce sont des choses qui arrivent quand il n’y a pas de délimitation. Ce qui reste, c’est seulement les coquetteries artistiques/politiques. La différence entre des artistes comme Fritz LANG, Stanley KUBRICK,Roberto ROSSELLINI et les autres, c’est justement la délimitation. »

« Je ne pourrai jamais oublier qu’il y a quelques années, on a assisté à la même vague de publicité pour Mohsen MAKHMALBAF, Abbâs KIAROSTAMI, et d’autres cinéastes du régime (Mohammad RASSOULOF, Bahman GHOBADI, Abolfazl DJALILI, toute la famille de MAKHMALBAF, Niki KARIMI, Kambouzia PARTOVI, Tahmineh MILANI, Rakhshan BANI ETEMAD, Marzieh MESHKINI, Manijeh HEKMATH, Lila HATAMI, Madjid MADJIDI, Rafi PITZ, Hadieh THEHRANI, Mohammad HAGHIGHAT et Asghar FARHADI, les “meilleurs” d’entre eux étant ceux qui sont les plus obéissantes face au pouvoir, qui savent retourner leur veste plus vite que les autres, et qui ont pu dormir tranquillement au cours de ces trente dernières années) !!! Et ces derniers temps pour PANAHI (l’affaire concernant ce dernier était tellement grosse que même Abbâs KIAROSTAMI l’a dénoncé !) Cette vague de publicité a pris beaucoup de temps et d’énergie de nous cinéastes en exil. Aujourd’hui, on entend de la bouche des mêmes fans que ces messieurs ne sont plus à l’ordre du jour. Ils disent que le message de « Séparation » a tellement terrorisé le régime israélien que les autorités israéliennes ont décidé de montrer le film très largement dans le pays ! (Incroyables ces intellectuels drôles, intelligents et créatifs !)

La même histoire s’est passée avec KHATAMI (l’ex président de la République et soi-disant un réformiste). Les mêmes personnes insistaient sur le fait que KHATAMI est un libéral et transformera l’Iran en paradis, etc., et maintenant que KHATAMI a été dénoncé, ils s’accrochent à MOUSSAVI et KARROUBI.

L’Occident, avec ses minauderies et les avantages qu’il donne, veut  gagner le cœur de pierre des mollahs. Il donne avec gentillesse des prix à des films en majorité ordinaires ; des prix, non pas un ou deux, mais plus de 1400 ! Est-ce que l’on doit faire semblant d’être naïfs et d’insister que : l’art n’existe que chez les iraniens et c’est tout ! [Proverbe iranien, note de la traduction]. »

Chère Madame BEJO, nous sommes sincèrement désolés pour la gêne occasionnée.

Selon les auteurs d’articles parus dans Le Film Français du 25 août 2012, « Madame Bérénice BEJO rejoint le projet français d’Asghar Farhadi » !

S’il vous plaît, Madame, dites-nous que cet article n’est qu’une illusion !

Cinéaste d’origine iranienne, nous portons sur le monde le point de vue amer de l’exil mais aussi celui de l’espoir.

Attaché aux valeurs de la République Française qui nous a offert l’asile, il est de notre devoir de vous exposer mes idées, il est de votre bon plaisir de bien vouloir les écouter.

Nous vous rappelons qu’aucun film ou produit culturel ne sort d’Iran, sans contrôle de fidélité de l’auteur envers les Mollahs et autorisation préalable du régime !

Aussi quand vous soutenez les réalisateurs Asghar FARHADI, Abass KIAROSTAMI, Lila HATAMI, Mohsen MAKHMALBAF, Djafar PANAHI ou RASSOULOF, pour ne citer que les plus connus du cinéma iranien actuel, c’est au régime criminel des Mollahs que vous tendez la main, sous prétexte esthétique c’est l’éthique des valeurs de la République qui est bafouée.

Vous pensez peut-être que les artistes, cinéastes… parviennent juste à être assez rusés pour passer au travers de la censure. C’est vrai qu’ils sont très rusés mais plutôt envers les intellectuels d’Occident aux âmes naïves et innocentes, et très mal informés, à cause de leurs amis et conseillers iraniens !

Vous avez entendu ou lu que Monsieur FARHADI a produit sept films pendant dix ans et que le producteur de son avant-dernier film «À propos d’Elly » est une des autorités de la SAVAMA, la police politique du régime ayant remplacé la SAVAK la police politique du Chah

Dans le même pays que celui de Monsieur FARHADI, des artistes comme Bahram BEYZAI et Nasser TAGHVAI sont rejetés par le régime. Posez-vous la question suivante : pourquoi BEYZAI n’a fait que trois films en 33 ans ? Pensez-vous que BEYZAI et TAGHVAI connaissent moins leur travail de cinéastes que FARHADI et Cie ? Nous vous rappelons qu’il y a quelques temps, BEYZAI a été reconnu par les cinéastes de l’intérieur du pays, comme le meilleur cinéaste de l’Iran.

Ne soyez pas timides ! Félicitez directement Les Gardiens de la révolution (l’armée des Pasdarans) qui a joué le rôle de producteur et nous a donné autant de joie !

Chère Madame, si vous évaluez les artistes à leur travail et non pas sur la base de leur humanité, leur sensibilité et leur regard sur les souffrances de la société, alors pourquoi n’aidez-vous pas Seif AL-ISLAM, le fils de Mohamar KADHAFI qui est un artiste peintre et architecte et qui a exposé plusieurs fois en Occident avant la chute du régime libyen ?

Comment se fait-il que vous ne voyez aucune différence entre des hommes d’honneur et libres comme Fritz LANG, Stanley KUBRICK, etc., et ces dames et messieurs opportunistes ?

Encouragez-vous vos enfants à avoir le même genre de vie que des vautours et des sangliers à l’apparence humaine comme ces marchands ?

Partageant votre engagement pour les droits de l’homme, nous vous posons une question très simple associée au cinéma et à l’histoire. Si vous pensez avoir la réponse à cette question, nous serions ravis que vous puissiez nous envoyer vos commentaires ainsi que des suggestions sur la façon dont nous pourrions dénoncer les injustices que le peuple iranien subit depuis 33 ans !

Chère Madame, vous connaissez sûrement la différence entre Asghar FARHADI, Lila HATAMI et les cinéastes soutenus par le régime des Ayatollahs et les cinéastes comme Fritz LANG — qui ayant été convoqué par Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du IIIe Reich, s’est vu proposer d’être à la tête du département Cinéma de son ministère, mais a poliment décliné l’offre en précisant que sa mère était d’origine juive ; Goebbels lui a alors répondu : « M. LANG, c’est nous qui décidons qui est aryen » ; Fritz LANG a quitté l’Allemagne peu de temps après pour s’exiler à Paris — ou comme Youssef CHAHIN qui, fréquemment confronté à la censure, ne cesse néanmoins de dénoncer la censure et l’intégrisme, ou encore comme Melina MERCOURI qui, à la suite du coup d’État fomenté en Grèce par les colonels en 1967, privée de ses droits civiques, s’exile en France et se fait dès lors le chantre de la résistance grecque à la dictature lors de ses tournées internationales.

Les nazis avaient eux aussi, comme les mollahs, deux genres de films : d’un côté un cinéma qui avait seulement la valeur propagandiste/politique (95% des films du cinéma de laRépublique islamique font de la publicité pour la guerre et l’effusion de sang. Leurs contenus  sont des slogans contre l’Amérique impérialiste, insultent le régime de Taghout (ex régime du Shah), ou encore scandent des slogans favorables au régime contre les réfugiés politiques. Ils ne sont utilisés qu’à l’intérieur et ils font partie de ce groupe. Ces films reflétaient tout à fait les désirs du parti et aucun patron de salles de cinéma n’avait le droit ni ne pouvait éviter de montrer ces films politiques valeureux. Dans ce sens, on peut parler par exemple de « La victoire de la volonté » de Leni RIEFENSTAHL), de l’autre des films qui avaient une valeur politique et artistique spéciale, étaient une sorte de signes d’honneur pour les nazis, spécialement fait pour être exportés. C’est en liaison avec ce genre de cinéma que Joseph Goebbels a dit dans son discours de mai 1933 « Laissez- moi un seul souci, que le film allemand soit pour l’Allemagne un visage respectable ».

Les discours des responsables de la République islamique sur le cinéma exporté iranien, sont plus ou moins homogènes avec le discours de Joseph Goebbels. Avec quelques films de quelques cinéastes capitulards, ces responsables participent depuis plusieurs années à des festivals connus et inconnus et ils se réclament de 1 400 prix gagnés qui sont en vérité destinés au régime et acheminés au musée du cinéma à Téhéran et non aux cinéastes ! À l’époque d’Hitler au moins, on faisait attention à la construction des salles de cinéma et à leurs améliorations techniques, mais dans la République islamique il y a une diminution quotidienne des salles de cinéma (170 salles en semi-ruine pour 70 millions de personnes) quand on ne les brûle pas comme ce fut le cas des cinémas « Liberté » et « République » à Téhéran ou encore le massacre du Cinéma « Rex » à Abadan, où sont mortes 400 personnes, toutes des spectateurs innocents. Nous ne savons pas si les responsables culturels français essaient de nous encourager, indirectement ou timidement, à collaborer d’une façon ou d’une autre avec le régime des Mollahs ou s’ils nous demandent de garder le silence, de devenir gentils avec les Mollahs, sous peine de ne plus accorder d’aides. J’espère que non (certains même refusent de nous recevoir malgré nos demandes réitérées de rendez vous).

Pour vous en dire un peu plus, non seulement le régime a laissé une certaine liberté aux cinéastes fidèles au régime (il ne faut en aucun cas qu’ils dépassent la ligne rouge ! c’est-à-dire aucune critique envers le régime !), mais le régime est même entré dans l’espace vital du cinéma souterrain pour lequel il a créé des substituts.

Pouvez-vous donner le titre d’un film, nous le répétons, d’un seul film exporté par la République islamique qui ait reçu un prix international et qui n’ait pas traversé la barrière de la censure ? Depuis l’installation de la République islamique jusqu’aujourd’hui, aucun film n’est sorti de l’Iran sauf si la fidélité du scénariste et du metteur en scène au régime a été prouvée… Avez-vous imaginé que la République islamique est démocrate, pas intelligente, débile ? Un régime qui finance tous les frais engagés des films qui le critiquent – du scénario jusqu’à la possibilité de le montrer largement à l’extérieur du pays ?. Vous pensez qu’il est démocrate bien sûr ! Ce même régime qui sans cesse creuse dans la vie de la population d’Iran, ce même régime qui a assassiné, après l’avoir torturée et violée, Zahra (Ziba) KAZEMI, cinéaste irano-canadienne, des blogueurs, des militants pour la liberté, des vieux, des jeunes, etc. après les avoir torturés et violés, pour laisser leurs corps mutilés dans des cimetières inconnus… Et vous félicitez le symbole de ce régime ?

Imaginez que les gens comme FARHADI et autres marchands transformés en artistes vivent dans des pays occidentaux. Allaient-ils recevoir un prix ? Peut-être même que leurs films allaient rester au niveau de ceux d’un cinéaste banal.

Sur votre honneur, pourriez-vous jurer que vous avez trouvé un seul plan, même pas une séquence dans ces films d’exportation à prix, sur les fosses communes de Khâvarân, des viols de femmes et d’hommes dans les prisons, de la violence contre les manifestants qui luttent pour la liberté, des enfants qui travaillent, de la vie misérable des marginaux, de l’exécution d’homosexuels, et tout autre malheur fait à la population ? Avez-vous déjà vu qu’un de ces vautours d’apparence humaine (ils ne méritent pas un autre qualificatif !) montre dans son film un de ces problèmes ? Leurs films montrent toujours la même chose : que si les gens ont des problèmes, ce n’est pas la faute du régime ; c’est eux-mêmes qui sont les fautifs !

Des gens comme Massoud DEHNAMAKI (le chef des nervis) réalise le film « Misère et prostitution » dans lequel ces deux phénomènes sont présentés, comme s’ils étaient de la responsabilité de quelques personnes et le résultat de l’indifférence de certains et non que c’est la société qui a créé cette situation. Cela est fait pour éviter de remettre en question la totalité du système de pillage. Dans ce film, les pauvres sont présentés comme des misérables dont il faut avoir pitié. Il n’y a un seul mot ni sur la protestation du peuple contre l’État, ni sur la racine de la pauvreté et de la faim.

À tel point que le régime, avec la répression et la censure, met en place ses projets sur le terrain social et artistique; et il y a ceux qui soutiennent cela. Imaginez-vous si les Talibans avaient l’intelligence et bien évidemment la chance des mollahs d’avoir la richesse naturelle de l’Iran et d’utiliser une armée d’intellectuels comme attachés de presse à l’extérieur? Ils seraient les amis très chers de l’Occident !!!

Un autre cinéaste fidèle au régime des Mollahs et apprécié par de nombreux responsables culturels de l’Occident, Majid MAJIDI, critique ouvertement le régime pour n’être pas assez dur avec les femmes qui ne respectent pas le « hijab » (voile islamique) ! Majid MAJIDI joue dans plusieurs films, notamment « Boycott » de Mohsen MAKHMALBAF (1985). À chaque fois qu’il y a eu une question de posée à KIAROSTAMI concernant la censure, il a justifié simplement l’oppression et la censure d’une façon savante. L’ambassadeur de la République islamique en France a remercié KIAROSTAMI dans une lettre officielle pour l’image que ce dernier donne du régime. Pour KIAROSTAMI la censure non seulement n’est pas une mauvaise chose, mais ça lui donne l’occasion d’exprimer de curieux soutiens, comme ce fut le cas lors des élections présidentielles de 2005 ou encore d’étranges silences, comme c’est toujours le cas aujourd’hui. Mais d’évidence le charme agit, comme il a agit sur Juliette Binoche ou encore sur les députés européens, quand ils offrent une tribune à Mohsen MAKHMALBAF défendant le candidat réformateur Mir Hossein MOUSSAVI, lors des dernières élections présidentielles iraniennes. Savez-vous qui se cache sous le masque du dit candidat « réformateur »? Mir Hossein MOUSSAVI, présenté comme le principal opposant au régime actuel? Il a exercé les fonctions de premier ministre de 1981 à 1989 et cautionné un bon nombre d’exactions. Mehdi KAROUBI, autre opposant, se considère comme un disciple de KHOMEYNI. Il a été conseiller du guide suprême et membre du Conseil de discernement. Et il en est ainsi de tous les opposants. Il n’existe plus aucun parti démocratique et laïc susceptible de représenter la dissidence actuelle. Il n’y a donc pas d’alternative. En outre, ces opposants ont été désignés par la dictature elle-même comme candidats aux élections. Les élections en Iran sont un simulacre de démocratie et la dénonciation de la réélection truquée de Mahmoud AHMADINEJAD en juin 2009 par Monsieur MOUSSAVI et consorts est un autre simulacre. À mes yeux, Messieurs MOUSSAVI et KAROUBI veulent juste sauver le régime en desserrant un peu l’étau enserrant la société civile qui n’en peut plus du chômage, du manque de liberté. Ils veulent juste jouer un rôle de modérateurs.

Si le régime voulait, il laisserait la liberté aux cinéastes pour qu’ils présentent les protestations de ceux qui sont pillés, les grèves et la faim des ouvriers, les bandes de l’État qui exportent des petites filles sur le marché du sexe des pays européens et arabes et des centaines d’autres sujets de ce genre.

En Iran, il n’y a pas de liberté pour les cinéastes. Le régime donne la liberté à ceux qui mangent dans sa main, à ceux qui sont ses mercenaires, ceux qui mangent du pain souillé de crimes et qui parlent en même temps de l’humanisme. C’est ces gens-là qui se sont autoproclamés cinéastes et qui n’ont pour les prix qu’ils acceptent et leur célébrité, qu’une seule tâche : le « maquillage » du visage inhumain de cet État. Cela dans le but de tromper l’opinion publique et celle des cinéphiles d’Occident (et en particulier les européens).

La plupart des cinéastes fidèles au régime à l’intérieur du pays, n’arrêtent pas de critiquer les Occidentaux et leur culture d’envahisseurs, mais pourtant, ils font n’importe quoi pour participer aux festivals à l’extérieur et jouent sur plusieurs tableaux. Pendant la dernière élection présidentielle en Iran, la plupart des cinéastes fidèles au régime ont réalisé des films publicitaires pour les candidats et ont encouragé le peuple iranien à voter pour un des candidats (les candidats les plus fidèles parmi les fidèles au régime! Qui sont les candidats sélectionnés par 3 différents conseils supérieurs de sages!)

Beaucoup de cinéastes, d’auteurs et artistes qui n’ont pas accepté les buts du régime, avaient et ont encore beaucoup de difficultés. Pas mal d’entre eux ne peuvent même pas payer leurs loyers. Pas mal de talents sont étouffés et écrasés sous la lame de la censure du régime.

Des milliers d’artistes, poètes, écrivains, et des centaines de cinéastes iraniens ont quitté le pays, et des milliers d’autres sont restés en Iran. Bien d’autres encore devraient respecter le régime et ne rien dire ! Ils devraient fermer les yeux, devenir muets, non voyants et être financés par les régimes qui pratiquent lapidations et bien d’autres crimes ! Leur message doit montrer à l’extérieur que ce régime est un régime démocrate et cultivé, mais cela est particulièrement dangereux car ce message peut tromper la jeunesse iranienne !

Après la chute des nazis, beaucoup discours et d’articles relatifs aux raisons du développement de cette idéologie ont été dits et écrits, et le rôle des gens ordinaires n’a pas été laissé de côté, mais nous ne développerons pas plus cet aspect ici, pour éviter d’être encore plus long.

Même après plus de 60 années après la prise du pouvoir par les nazis, la société allemande ne s’est pas libérée de la honte de cette période. Le rôle important des intellectuels allemands dans le commencement et le développement du nazisme est connu et déterminant. David Lynch écrit dans son courageux livre « La propagande et l’Allemagne nazie » : « L’émigration de tous ceux qui ne pouvaient pas ou ne voulaient pas accepter la nouvelle situation et la perte de talents étaient pénibles, mais les nazis ont pu profiter des services de plusieurs techniciens et artistes talentueux ainsi que d’un ensemble réel de comédiens fameux ».

Parfois, nous nus demandons si ceux qui subventionnent le régime détestable de Téhéran ou collaborent avec lui (nous parlons des décideurs de l’Occident) ne seraient pas par hasard des néonazis ?  Souhaiteraient-ils aujourd’hui se venger, en appuyant les régimes proches de celui que l’Occident a connu avec Hitler?

Cela fait des années que les produits cinématographiques réactionnaires de l’État à l’extérieur du pays sont promus par les médias et les réseaux culturels liés à ce dernier et regroupés sous le nom de « Cercle pour la présentation des films iraniens ». Ces films sont présentés comme des œuvres humanistes et sociales et remplacent, en remplissant les salles vides, les « prières du vendredi » du régime.

En face de ce spectre de cinéastes qui profitent des aides et du soutien des institutions étatiques, du ministère d’Erchad (l’Administration de la censure, de l’orientation), de la Fondation cinématographique Farabi à l’intérieur du pays et des réseaux de propagande et de culture à l’extérieur, il y a aussi des cinéastes et des artistes qui, à l’extérieur aussi bien qu’à l’intérieur, défendent le respect et l’authenticité de « l’art ». Ce sont ceux là qu’il faut soutenir ! Sinon cessez d’être timides et rendez-vous en Iran pour participer directement aux lapidations et aux exécutions de toutes sortes.

Nous envisageons de porter plainte devant la Cour pénale internationale pour « complicité dans les crimes commis par le régime criminel et corrompu des ayatollahs » contre tous ceux qui soutiennent directement ou indirectement ce régime.

Oui, hélas!, les intérêts économiques passent avant la libération d’un peuple de 75 millions de personnes pris en otage par un régime du Moyen Âge, et il est triste de justifier les actes barbares du régime des ayatollahs juste par leur positionnement antiaméricain. Un geste admiré par des intellectuels et des idéologues, parfois mercenaires, qui jouent en réalité, et contrairement à ce qu’on pense, le sale rôle d’attaché de presse d’un régime fasciste et criminel.

Ce régime marionnette, facilite et justifie une éventuelle intervention militaire israélienne en Iran. Attention : que nos soyons contre les ayatollahs ne veut pas dire que nous sommes pour l’invasion de l’Iran par Israël et ses amis, et vice-versa ! (Nous sommes contre la violence sous toutes ses formes !), Ni Israël et ses amis, qui essaient de prendre le contrôle complet de la région, ni les autres pays qui aident ou ferment les yeux sur la réalité de ce régime, responsable du massacre de milliers de braves gens en Iran sous prétexte de realpolitik (le régime des Mollahs a du pétrole et peut jouer un rôle important dans la région sur le plan politique) et d’opposition à Israël, ne se comportent humainement : ils sont complices des actes barbares du régime des ayatollahs…

Cela fait plus de 33 ans que ce régime est en guerre avec son propre peuple ! Voudriez-vous l’être aussi ?

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